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Le cimetière du Père-Lachaise (1804)

La chaise

Famille des Pérelle

La Maison de Mont-Louis au R. Père de la  Chaise, près de Ménilmontant, eau-forte, XVIIe siècle, château de Versailles

Plus grand cimetière de Paris, le Père-Lachaise occupe l’une des sept collines de la capitale. Cette colline, qui appartenait à l’évêque de Paris, portait initialement le nom de « Champ-l’Évêque ». Devenue le « Mont-aux-vignes » au XIIe siècle, en raison des vignes qui y étaient plantées, elle fut vendue, en 1430, à un riche commerçant, Regnaut de Wandonne. Celui-ci fit construire une maison, qui donna son nom à la rue de la Folie-Régnault.

Au XVIIe siècle, Régnault de Wandonne vendit sa « folie » aux Jésuites de la rue Saint-Antoine, qui en firent leur maison de repos. Ils y reçurent le jeune Louis XIV. Dénommé « Mont-Louis » en l’honneur du séjour du roi, l’ancienne demeure abrita également l’illustre François d’Aix de La Chaise (1624-1709), confesseur du roi.

La chaise

Famille des Pérelle

Portique de treillage pour la Maison de Mont-Louis, eau-forte, XVIIe siècle, château de Versailles

Le comte de Lachaise, frère du Père jésuite, fréquenta lui aussi les lieux, où il fit donner des fêtes fort appréciées. Embelli grâce aux libéralités accordées au Père Lachaise par le souverain, le « Mont-Louis » fut, à cette époque, doté d’un beau jardin comprenant bassins, fontaines et décor de treillages.

Cette période faste prit fin sous le règne de Louis XV, peu avant la suppression de la Compagnie de Jésus, en 1763. C’est à la suite d’une dette insurmontable, contractée par le père de Jacy, que les Jésuites furent expulsés du « Mont-Louis ». La propriété fut alors vendue à Jean-Baptiste Gratin, maître-peintre à Paris, et à Françoise Boullagnet, sa femme, puis revendue à la famille Baron, en 1771. Ruiné par la Révolution, Jacques Baron céda l’ancienne demeure, en 1803, au préfet de police Nicolas Frochot, chargé par Napoléon Ier d’acheter des terrains hors des limites de Paris pour créer de nouveaux cimetières.

C’est ainsi que le « Mont-Louis » devint le cimetière du Père-Lachaise. Frochot confia son aménagement à Alexandre-Théodore Brogniart (1739-1813), qui conçut, de part et d’autre d’une profonde allée centrale, un vaste jardin à l’anglaise (secteur romantique), aménagé à flanc de colline.

Ouvert après l’inhumation d’Adélaïde Paillard de Villeneuve en 1804, le Père-Lachaise disposa, dès sa création d’un enclos juif, puis d’un enclos musulman, ouvert en 1857. Il fut agrandi à plusieurs reprises : les divisions « du haut », accessibles par la porte Gambetta, furent aménagée sur un terrain plat, sillonné d’allées rectilignes ; le quart nord-ouest, accessible depuis la porte des Amandiers, occupa la pente douce, vers le boulevard.

Le cimetière du Père-Lachaise fut, au mois de mai 1871, le théâtre des affrontements opposant Fédérés, Versaillais et Prussiens. C’est contre une partie de son enceinte (le « mur des Fédérés »), à l’angle sud-est, que les Versaillais de l’armée régulière fusillèrent quarante-sept combattants de la Commune.

entrée cimetière père lachaise

L’entrée principale, sur le boulevard de Ménilmontant

En 1823, Etienne-Hippolyte Godde, architecte de la Ville de Paris, érigea une chapelle à l’emplacement de l’ancienne maison des Jésuites. En 1825, il imagina la place en hémicycle, devant l’entrée principale du cimetière, sur le boulevard de Ménilmontant, et dessina les stèles flanquant la porte monumentale décorée de sabliers ailés (symbolisant le passage inexorable du temps) et de flambeaux posés debout et brûlant d’une belle flamme (symbolisant l’espoir dans la Résurrection).

En 1894, l’architecte Jean Camille Formigé dirigea les travaux du columbarium et du crématorium, comprenant une chapelle de style néo-byzantin et quatre ailes destinées à accueillir les urnes.

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B

Tombe Paul Baudry

Antonin Mercié (1845-1916)

Paul Dubois (1829-1905)

Tombe et buste du peintre Paul Baudry (détails : la figure de la Gloire et le buste du défunt), 1890, bronze, Paris, cimetière du Père-Lachaise (4e division)

Décédé en 1886, Paul Baudry fut l’un des plus célèbres peintres officiels du Second empire, sollicité par des commanditaires privés et associé aux grands chantiers de décoration, notamment celui de l’Opéra Garnier, dont Baudry réalisa les peintures du foyer.

Sa sépulture comprend un sarcophage, décoré de la palette et des pinceaux, attributs du défunt, en avant d’une large stèle gravée d’une dédicace. Le sarcophage soutient un socle élevé portant le buste en bronze du défunt, réalisé par le statuaire Paul Dubois. Deux figures allégoriques, réalisées par Antonin Mercié, complètent la composition : La Douleur, appuyée sur le sarcophage, et La Gloire, aux ailes grandes ouvertes, qui suspend une couronne de laurier au-dessus du buste du peintre.  

tombe de boerne père lachaise

Pierre-Jean David d’Angers (1788-1856)

Le buste et le relief décorant la stèle de la tombe de Ludwig Börne (1786-1837), 1842, bronze, Paris, cimetière du Père-Lachaise (19e division)

Né Lob Baruch en 1786 à Francfort-sur-le-Main, Karl Ludwig Börne étudia les lois constitutionnelles et les sciences politiques à Heidelberg et à Giessen, avant de retourner à Francfort, où il occupa un poste d’officier de police. Contraint de quitter sa fonction en raison des lois interdisant aux juifs d’occuper les emplois publics et de l’administration, Börne devint journaliste et se convertit au protestantisme. Ses critiques théâtrales suscitèrent de vives polémiques et subirent la censure, forçant le jeune homme à quitter Francfort et à mener une vie nomade.

Il s’installa à Paris, au lendemain de la Révolution de 1830. En quête de démocratie et de liberté, mais déçu par le régime constitutionnel issu des « Trois Glorieuses », il se consacra entièrement à la littérature. Considéré comme le pionnier de la critique littéraire en Allemagne, Ludwig Börne œuvra inlassablement pour établir une amitié durable entre la France et l’Allemagne.

La stèle en granit de sa tombe, en forme d’obélisque, est creusée d’une niche ronde, servant de refuge au buste du littérateur, dû au ciseau du célèbre sculpteur David d’Angers. Sur la face antérieure de l’obélisque, un relief, également en bronze, du même David d’Angers, signé et daté « David 1842 », représente à juste titre La France et l’Allemagne unies par la Liberté. Ce relief met en scène l’allégorie de la Liberté, debout et coiffée du bonnet phrygien, posant les mains sur les épaules de deux jeunes femmes qui personnifient la France et l’Allemagne   

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Tombe de Paul Boucherot (1869-1943), ingénieur à la Compagnie des Chemins de fer du Nord, milieu du XXe siècle, Paris, cimetière du Père-Lachaise (96e division)

La tombe de Paul Boucherot fait avec originalité allusion à la fonction du défunt, ingénieur des chemins de fer, à qui revient l’idée de la distribution du courant électrique à intensité constante. La figure en pierre s’inspire de la mythologie grecque : elle met en scène le mythe de Prométhée, l’un des Titans, connu pour avoir créé les hommes à partir de restes de boue transformés en roche et pour leur avoir enseigné la métallurgie.

Selon la fable, Prométhée déroba, contre l’avis des dieux, le feu sacré de l’Olympe pour l’offrir aux mortels et fut sévèrement puni par Zeus : celui-ci le condamna en effet à être enchaîné à un rocher, sur le mont Caucase, où un aigle dévorait, chaque jour, son foie, qui repoussait sans cesse.  

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C

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Tombe du sculpteur Jean Carriès (1855-1894), 1914, bronze, Paris, cimetière du Père-Lachaise (12e division)

Sculpteur et céramiste, Jean Carriès se fit remarquer au Salon de 1881, avec des œuvres mêlant naturalisme et symbolisme. Encouragé à travailler le grès émaillé par Paul Gauguin, Carriès céramiste rencontra un véritable succès au Salon de 1888. Il affirma alors un goût pour l’étrange, privilégiant les figures d’animaux et les masques fantastiques inspirés de la sculpture gothique et de l’art japonais.

Réalisée grâce à une souscription, vingt ans après la mort de Carriès, la sépulture de l’artiste est ornée d’une figure en bronze à son effigie. Tirage obtenu d’après l’original en cire de l’artiste lui-même (1887-88, Paris, Petit-Palais), cet Autoportrait décrit un homme barbu et coiffé d’un chapeau, debout près d’une tête de femme et présentant la statuette d’un mousquetaire. Dérobée par des visiteurs indélicats, cette figurine a été restituée. 

 

Tombe Charles carpentier 2

Tombe de la famille Charpentier, première moitié du XXe siècle, pierre, Paris, cimetière du Père-Lachaise

La tombe de la famille Charpentier est dominée par la figure d’une jeune femme en costume de la fin du XIXe siècle. Elle porte une longue robe à manches courtes, serrée sous la poitrine ; ses cheveux sont attachés et forment un chignon sur la tête.

Tombe Charles Carpentier

Détail de la femme songeuse

Cette jeune femme, appuyée contre un relief à motif végétal, semble songeuse, le bras gauche replié, la tête inclinée en avant et la main placée sous le menton. L’auteur de cette statue en pierre n’est pas connu.

tombe sculpteur crozatier père lachaise

Astyanax Scaevola Bosio (1793-1876)

La Tombe Crozatier, vers 1855, Paris, cimetière du Père-Lachaise (49e division)

Bronzier d’art, fondeur et mécène, Charles Crozatier (1795-1855) se forma dans l’atelier du sculpteur Pierre Cartellier, avant de voyager en Italie. De son séjour, il rapporta de nombreux moulages réalisés d’après les grands maîtres de la Renaissance et du XVIIe siècle, qui servirent à ses premiers bronzes d’art. Apprécié pour sa production de statuettes, Crozatier obtint des commandes officielles importantes. Reconnu pour avoir amélioré la fonte en bronze, il eut l’honneur de réaliser la statue de Napoléon imaginée par Seurre pour la colonne de la place Vendôme, aujourd’hui aux Invalides. Charles Crozatier légua une partie de sa fortune à la commune du Puy-en-Velay, d’où il était originaire. Elle servit à financer l’érection d’un bâtiment destiné aux collections artistiques de la ville, devenu « musée Crozatier ».

Un petit temple en marbre veiné signale la tombe familiale des Crozatier : la façade principale de cet édicule est flanquée de pilastres cannelés et couronnée d’un fronton brisé, contenant la figure d’un génie éploré, avec des branches de cyprès et de chêne, réalisé en bronze. Ce fronton est surmonté d’une cassolette, également en bronze. Sur la cassolette, deux enfants tiennent les attributs du fondeur. Derrière une grille en ferronnerie, une stèle portant le nom des défunts, supporte trois cartouches disposés l’un à côté de l’autre. Chaque cartouche présente trois bas-reliefs (l’un des trois reliefs a disparu). Au-dessus, deux hautes niches voûtées en plein cintre abritent les bustes en marbre de Charles Crozatier et de son épouse. Ce second buste en marbre a été décapité.

tombe crozatier détail père lachaise

Les deux reliefs encore en place représentent des scènes d’atelier montrant Crozatier et ses ouvriers : celui du milieu représente le fondeur, noblement drapé, passant le bras sur les épaules d’un praticien et pointant un exemplaire du Torse du Belvédère, disposé sur une selle de sculpteur, et son modèle, présenté sur un socle.

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F

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Laurent Marqueste (1848-1920)

Tombe du sculpteur Alexandre Falguière : L’Inspiration, 1900, marbre, Paris, cimetière du Père-Lachaise (4e division)

Le haut-relief allégorique dominant la tombe d’Alexandre Falguière fut confié à l’un de ses élèves, Laurent Marqueste. Prix de Rome en 1871, celui-ci accomplit une brillante carrière officielle, dont les réalisations sont encore visibles à Paris (jardins du Luxembourg et des Tuileries, abords de l’Hôtel de Ville, Cour d’honneur de la Sorbonne). 

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G

Tombe Géricault

Antoine Étex (1808-1888)

Tombe du peintre Théodore Géricault (1791-1824), 1839-40, bronze (ronde-bosse et bas-reliefs), Paris, cimetière du Père-Lachaise (12e division)

Choqué de constater que la tombe de Théodore Géricault était abandonnée, Antoine Étex lança, en 1830, une souscription, soutenue par Delacroix, afin de rassembler les fonds nécessaires à l’érection d’un monument funéraire à la gloire de cet artiste, considéré comme le premier peintre romantique. Étex conçut lui-même un tombeau portant la figure en marbre d’un gisant à l’effigie de l’artiste et trois reliefs, également en marbre, évoquant ses tableaux les plus célèbres.

Présentés au Salon de 1841, puis placés au cimetière du Père-Lachaise, le gisant et les reliefs furent retirés en 1844, en raison de leur détérioration, et offerts au musée des Beaux-Arts de Rouen. Remplacé par une stèle simplement ornée d’une palette et de lauriers, le monument à Géricault retrouva, en 1884, sa forme initiale et un décor semblable, réalisé en bronze d’après les marbres originaux.

 

tombe Géricault 2

Détail de la figure du peintre Théodore Géricault

Antoine Étex représente Théodore Géricault en tenue de travail, palette et pinceaux en mains ; il est allongé, coiffé d’un bonnet et vêtu d’une longue chemise à plis, le buste redressé. Le socle porte des reliefs reproduisant trois œuvres majeures du peintre : Le Radeau de la Méduse, sur la face antérieure, Le Chasseur à cheval chargeant, sur une face latérale, à gauche, et Le Cuirassier blessé, sur l’autre face latérale.

cimetière père lachaise vue de loin

Tombeau de la famille Guët, 1905-07, béton armé et brique de grès flammé, Paris, cimetière du Père-Lachaise (19e division)

Édifié à l’initiative de Georges Guët (1886-1936), architecte et ancien élève d’Anatole de Baudot, le tombeau de la famille Guët tranche par son style « Art Nouveau » et les matériaux modernes employés par son concepteur : le béton armé et la brique de grès flammé.

La chapelle funéraire des Guët reformule le temple antique, réduit à quatre piliers, reliés entre eux par de grands arceaux et une frise à motif floral courant à la base des piliers. Cette structure, dont le toit sert de plate-bande à de nombreux iris, est surmontée d’un petit dôme ou clocheton, terminé par une croix celtique. 

cimetière père lachaise vue générale

Max Braemer

Deux pleureuses, vers 1905-07, ciment armé, Paris, cimetière du Père Lachaise, tombeau de la famille Guët

Ce temple est gardé par deux figures féminines, sculptées par Max Braemer. Enveloppées d’un ample manteau, elles sont logées sous l’archivolte de l’entrée, qui porte le nom de famille des défunts.

cimetière père lachaise détail tombe

Détail d’une pleureuse

Les Pleureuses de Braemer ont la tête voilée ; l’une d’elle pose la main sous le menton, l’air songeur. Les traits estompés de leur visage rappellent le squelette de la Mort, notamment les orbites très creusés, dépourvus d’yeux.

intérieur chapelle

L’intérieur de la chapelle funéraire

A l’intérieur de la chapelle funéraire, un petit autel votif présente le buste d’une sainte, réalisé par le sculpteur T. Prudhomme, placé sous un arc ogival. Dans le plafond, une percée en quinconce laisse voir l’intérieur du clocheton, dont le tambour est orné d’inscriptions latines sur fond d’or et d’une frise de trèfles. Tous les éléments de grès flammé à l’imitation du fameux Alexandre Bigot ont été réalisés par les céramistes Gentil et Bourdet.

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monument Camille Périer

Jean-Pierre Cortot

Monument à Casimir Périer , 1837, marbre et bronze, Paris, cimetière du Père-Lachaise, Grand rond-point au carrefour des avenues de la Chapelle et Casimir-Périer (13e division)

Banquier et homme politique rallié à Louis-Philippe, Casimir Périer fut inhumé dans un monument funéraire grandiose, de forme quadrangulaire, dressé sur un terrain donné à perpétuité par la Ville de Paris et aménagé en vaste rond-point. Le soubassement de ce monument, dessiné par l’architecte Achille-François-René Leclerc (1785-1853), est orné de guirlandes et de médaillons au chiffre du défunt. Il sert de socle au cénotaphe, scandé de pilastres, disposés deux à deux à chaque angle, et de reliefs représentant des bannières, surmontées du coq gaulois et ornées de couronnes entrelacées.

La face principale et les faces latérales du cénotaphe s’articulent autour d’une niche à sculpture, où sont logées trois figures allégoriques, exécutées par le statuaire Jean-Pierre Cortot (1787-1843): L’Éloquence, laurée, une main levée et l’autre serrant un manuscrit ; La Fermeté, coiffée d’une dépouille de lion, un rameau de chêne dans une main et s’appuyant sur le fût d’une colonne ; La Justice, tenant l’épée et la balance.

L’inscription portée sur l’entablement rappelle les hauts faits de l’existence du défunt : « Sept fois élu député, président du Conseil des ministres sous le règne de Philippe Ier, il défendit avec éloquence et courage l’ordre et la liberté dans l’intérieur, la paix et la dignité nationale à l’extérieur. » Sur la face postérieure, une inscription rappelle que ce mausolée fit l’objet d’une souscription publique.

Le sommet du monument à Casimir Périer est dominé par la figure en bronze de l’homme d’État, que Cortot représenta en pied, debout, près d’une tribune qui loue la « Charte de 1830», fondatrice de la Monarchie de Juillet.  

Tombe Gabriel Pierné relief bouchard

Henri Bouchard (1875-1960)

Stèle de la tombe du compositeur Gabriel Pierné (les Muses Thalie et Euterpe), vers 1937, pierre, Paris, cimetière du Père-Lachaise (13e division)

Prix de Rome en 1901, Henri Bouchard développa, au début de sa carrière, une veine naturaliste, dans la lignée de Jules Dalou ou de Constantin Meunier. Ses sculptures se distinguent ensuite par une recherche de dépouillement, une simplicité de traitement des plis. A partir des années 1930, les recherches de Bouchard s’orientent « de plus en plus vers la plastique décorative », dont la façade de l’église de Chaillot marque l’apogée.

 

Tombe Pierné relief bouchard détail

Euterpe, Muse de la Musique

La tombe de Gabriel Pierné reflète le style décoratif de cette période. Les deux figures sculptées en pierre et en haut-relief sont par ailleurs très proches des muses du groupe d’Apollon musagète, qui se dresse sur la terrasse du palais de Chaillot. Commandé, en 1936, par l’État pour l’Exposition universelle de 1937, ce groupe en bronze associe en effet la figure colossale d’Apollon à celles, plus petites, de Thalie et Euterpe, muses de la Comédie et de la Musique, dont les ajustements et les attitudes présentent d’incontestables similitudes avec les figures ornant la tombe de Gabriel Pierné.  

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Tombe du sculpteur James Pradier (1790-1852), Paris, cimetière du Père-Lachaise

Les élèves de James Pradier se réunirent, selon un usage fort répandu, pour exécuter le tombeau de leur maître, qui associe un imposant sarcophage, une haute stèle et une niche sommitale. La petite assemblée se disputa toutefois la distribution du décor sculpté, qui comprend le buste original du défunt, destiné à être vu de loin, et les plaquettes de marbre encastrées dans l’épaisseur de la stèle, reproduisant, sous la forme de reliefs, les chefs-d’œuvre de Pradier.

La famille du  défunt confia l’exécution du buste au dernier élève de Pradier, Eugène Lequesne, plutôt qu’à Antoine Étex, qui dénonça les intrigues de son rival. Les autres élèves se chargèrent des reliefs, destinés à décorer la face antérieure et les faces latérales de la stèle.

Sur la face antérieure, Charles Simart et François-Clément Moreau réalisèrent la grande figure de Sapho. Ce relief domine quatre figures taillées sur de petites plaquettes de marbre : Eugène Guillaume interpréta la Psyché (relief de gauche, disparu) ; Augustin Courtet, la figure de  Nyssial’infortuné Antoine Étex, la figure de Phryné et François-Félix Roubaud, celle de La Poésie légère.  

Sur la face latérale, à gauche, François-clément Moreau sculpta Phidias ; et Jacques-Léonard Maillet, Un Fils de Niobé. Sur l’autre face latérale, à droite, Hippolyte Ferrat reprit Cyparisse et son cerf.

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R

Tombe Robertson 2

Tombe d’Etienne-Gaspard Robert, dit Etienne Robertson, aérostier, physicien, opticien, magicien, créateur des fantasmagories et mémorialiste (Liège, 1763- Batignolles, 1837), pierre, Paris, cimetière du Père-Lachaise

La tombe de Robertson comprend un grand sarcophage en maçonnerie de pierres, décoré aux angles de quatre petites chouettes aux ailes détachées du corps. On prêtait à cet oiseau nocturne, considéré comme l’un des messagers de la mort, des pouvoirs magiques, en raison de  ses capacités à agir dans l’obscurité. De là, s’élève un grand socle rectangulaire décoré, sur ses grands côtés, de reliefs taillés par le sculpteur Hardouin.

Au-dessus, têtes de mort et visages féminins (symbolisant l’âme du défunt ?), présentés en alternance, portent le cénotaphe, recouvert d’une draperie. 

Tombe Robertson

Séance de fantasmagorie

Les deux reliefs, sur les grands côtés du socle rectangulaire, évoquent les différentes facettes de Robertson : une séance de fantasmagorie qui, par la projection lumineuse de squelettes et de créatures diaboliques, effraie les femmes et les enfants composant le public et une ascension en aérostat, devant une foule captivée par le spectacle. Sur un petit côté, une inscription gravée donne les dates de naissance et de mort de Robertson, avec la mention de ses différents centres d’intérêt : « PHYSIQUE, FANTASMAGORIE, AÉROSTATS ».

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S

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Alexis-Hippolyte Fromanger

Tombe du porcelainier Marc Schœlcher (1766-1832), 1840, bronze, Paris, cimetière du Père-Lacahise (50e division)

Emmanuel Hannaux

Médaillon contenant le portrait de profil de Victor Schœlcher (1804-1893), 1894, bronze, Paris, cimetière du Père-Lachaise

Séminariste contrarié par la Révolution, Marc Schœlcher entra en apprentissage chez le porcelainier Jean-Baptiste Locré, son cousin, avant d’acquérir une fabrique de porcelaine, rue du Faubourg-Saint-Denis, puis un magasin, en 1804, sur le boulevard des Italiens, fréquenté par le tout-Paris de l’époque. Contraint de se séparer de la maison du faubourg Saint-Denis, il se contenta peut-être, après 1806, d’acheter des pièces blanches et de les faire décorer pour sa clientèle.

En 1828, il s’associa à son fils Victor, qui avait un goût infaillible pour les beaux objets : la production de vases, de coupes, de corbeilles, d’assiettes, de tasses, de tableaux sur plaques de porcelaine, d’après Rapahël ou Poussin, contribuèrent au succès du magasin des Schœlcher. Le jeune Victor côtoyait alors les milieux littéraires et artistiques, se liant à George Sand et Hector Berlioz.  

Lors d’un voyage d’affaires aux États-Unis et à Cuba, il se révolta contre l’esclavage. A la mort de son père, il revendit rapidement l’établissement familial et devint journaliste et critique artistique.

Dressant un terrible réquisitoire contre l’esclavage, Victor Schœlcher se prononça, en 1840, pour une abolition immédiate et complète. Schœlcher publia plusieurs articles, qu’il regroupa dans un ouvrage en 1847. Nommé sous-secrétaire d’Etat à la Marine et aux colonies par François Arago, il contribua à faire adopter le décret sur l’abolition de l’esclavage dans les Colonies. Élu député de la Martinique en 1848, puis représentant de la Guadeloupe à l’Assemblée législative, en 1849, Victor Schœlcher présida la Commission d’abolition de l’esclavage, au sein de laquelle il initia le décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l’esclavage en France.

détail tombe schoelcher

La figure de l’ouvrier

Le haut-relief en bronze décorant la stèle de la tombe de Marc Schœlcher, financé par ses fils Marc-Antoine et Victor, est l’œuvre d’Alexis-Hippolyte Fromanger. Il représente le porcelainier et l’un de ses ouvriers en méditation, sous un grand sablier aux ailes de chauve-souris. L’un glisse le doigt dans un livre refermé, l’autre serre ses outils ; les deux s’appuient sur un grand cartouche dédicacé au défunt par Victor. Ils semblent incarner l’étude et le travail manuel, comme le pendant idéal de la vie ouvrière.  

En 1894, Victor Schœlcher fut inhumé auprès de son père, comme l’indique le médaillon de bronze, par Emmanuel Hannaux, fixé à la base de la stèle : ce médaillon renferme le portrait de profil du « libérateur des esclaves », selon l’inscription gravée à proximité. En 1949, les cendres de Victor Schœlcher furent transférées, avec celles de son père, au Panthéon, en même temps que la dépouille de Félix Eboué, premier Noir à y être inhumé. 

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Monuments aux morts

monument siège paris

Henri Michel Antoine Chapu (1833-1891)

Monument à la mémoire des soldats morts pendant le siège de Paris 1870-1871 (orné de statues en bronze représentant le Garde mobile, le Fusilier marin, l’Artilleur et le Soldat de Ligne), 1873-79, pierre et bronze, Paris, cimetière du Père-Lachaise (64e division)

Par le Traité de Francfort, signé le 10 mai 1871, la France et l’Allemagne s’engagèrent réciproquement à faire respecter et entretenir les tombes des soldats ensevelis sur leurs territoires respectifs. Consignée dans l’article 16, cette décision donna naissance aux premiers « monuments aux morts », dressés, non pas en souvenir des victoires remportées, mais à la mémoire des soldats morts sur le champ de bataille.  

Dès le mois de février 1872, le gouvernement allemand promulgua une loi spéciale réglant les mesures à prendre au sujet des tombes militaires des deux parties belligérantes situées en Alsace-Lorraine. De son côté, le gouvernement français ordonna, par la loi du 4 avril 1873, la conservation des tombes des soldats français et allemands inhumés en France et lança, par là même, une vaste campagne de recherche et de sécurisation des sépultures disséminées sur les nombreux lieux de combat.  

Les premiers travaux d’exhumation débutèrent en 1876, mais les recherches se poursuivirent jusqu’en 1880. Le gouvernement décida que les tombes seraient concentrées sur des concessions à perpétuité concédées à l’État  dans les cimetières communaux et marquées, à l’instar du monument érigé, dans le cimetière du Père-Lachaise, à la mémoire des soldats morts pendant le siège de Paris, de l’inscription « Tombes militaires, loi du 4 avril 1873 ».

C’est le sculpteur Henri Chapu qui reçut la commande de ce monument commémoratif, « construit tout en granit gris rayé » et renfermant « les ossements de 2 500 soldats ». Il se compose d’un grand soubassement, avec la figure de quatre soldats aux angles, surmonté d’une pyramide, symbole d’immortalité. Un article de la revue L’Univers illustré en donne une description détaillée: « Le soubassement, de forme carrée, porte en sculpture des couronnes et des branches de chêne et de laurier ; deux médaillons sont réservés pour les inscriptions. Au pied de la pyramide on voit, aux quatre angles, des grenades et des bombes. » 

monument mémoire soldats tués pdt siège paris

Le soldat de ligne

« Quatre statues allégoriques sont placées aux angles du piédestal. Ces [figures], de grandeur naturelle, représentent un soldat [de] ligne, portant au col de la capote le numéro du 82e régiment ; un marin, fièrement campé, béret sur la tête, indiquant le nom de l’Enviable ; un artilleur, sombre et résigné, et un garde mobile d’un aspect énergique. Autour du monument est un petit jardin qu’enferme une grille très simple. » (R. B. « Le monument funèbre élevé par l’État, au cimetière du Père-Lachaise, aux soldats morts pendant le siège », L’univers illustré, 11 janvier 1879, p. 695)

Monument mémoire défenseurs Belfort

Jacques Robichon

Monument à la mémoire des défenseurs de Belfort 1870-71, 1911, bronze, Paris, cimetière du Père-Lachaise (54e division)

Ce monument de la Défense de Belfort fut inauguré le 31 décembre 1911, en présence du ministre de la Guerre, M. Messimy. Il fut élevé sur un terrain acquis par Charles Robichon, maire du XXe arrondissement, et financé par la Société amicale des Défenseurs de Belfort, à Paris, « en souvenir de l’héroïque résistance de la cité en 1870 » (Cahiers alsaciens, 1912, n° 1, p. 56).

Il se compose d’une large stèle en granit, contre laquelle s’adosse un socle plus élevé, servant d’appui au buste en bronze du colonel Denfert-Rochereau. La stèle est décorée de bas-reliefs représentant deux femmes en tenues traditionnelles lorraine et alsacienne. Le socle, portant l’inscription « A LA MÉMOIRE DES DÉFENSEURS DE BELFORT 1870 – 1871 » est également orné d’un relief en bronze évoquant le fameux lion taillé dans la roche à Belfort.

Monument mémoire défenseurs belfort 2

L’allégorie de la France

Devant le socle, une figure féminine portant l’armure sur une longue robe à plis, symbolisant la France, trace une dédicace sur le socle du buste : « Les Défenseurs de Belfort ont bien mérité de la Patrie ».

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